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Défini comme la partie terminale d’un fleuve sensible à la marée et aux courants marins, l’estuaire, contrairement au delta, progresse en s’évasant et tient jusqu’à la mer le cap de son tracé fluvial. Fixée à l’amont par la limite des eaux douces, la zone estuarienne est d’autant plus étendue que l’amplitude moyenne des marées est forte. C’est le cas de l’estuaire de la Gironde, dont la superficie est de 625 kilomètres carrés et dont l’influence s’exerce à plus de150 kilomètres de la mer, soit jusqu’à La Réole sur la Garonne. Cet écosystème très particulier est le siège d’une biodiversité exceptionnelle: de nombreuses espèces de poissons s’y reproduisent, des grands migrateurs (anguilles, saumons, esturgeons, lamproies, etc.) s’y nourrissent ou le traversent, et ses berges sont fréquentées par une grande variété d’oiseaux. Mais ce milieu fragile est aussi le siège de terminaux pétroliers, d’industrie pétrochimiques, de centrales énergétiques et d’installations portuaires. Ce qui ne manque pas d’alimenter certains conflits d’usages… |