 Philippe Gautier |
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La Garonne représente, littéralement, toute ma vie. Je suis un peu marié avec
elle puisque mon revenu en dépend! C’est comme une deuxième famille.
Avec mon frère, nous sommes les deux derniers pêcheurs professionnels du
département. Nous pêchons des poissons migrateurs et un peu de poisson
blanc. Selon les saisons et le temps, on pêche à des endroits différents de la
Garonne, entre Agen et La Réole. Et bien sûr, nous pêchons par périodes
pour les poissons migrateurs.
«Mais nous sommes touchés de plein fouet par les interdictions. Nous ne pouvons
plus pêcher deux espèces sur trois, à savoir l’alose et l’anguille. J’ai le
sentiment que le métier de pêcheur est compromis. Mon combat, c’est à la
fois de travailler et de protéger le milieu qui me fait vivre. Je trouve la
méthode un peu agressive concernant l’interdiction de l’anguille. Il va falloir
attendre mars prochain pour connaître les résultats d’analyses effectuées en
juin dernier! Ce n’est pas tenable de vivre ainsi au rythme des ouvertures et
interdictions à répétition. On essaye d’évoluer par le tourisme, mais je crois
qu’on est à un virage crucial». |