À
l’issue de ses séances du 29 mars,14 mai et 9
juillet 2001, la Commission Nationale du Débat Public
(CNDP) a souhaité l’ouverture d’un débat
public portant sur « le projet de construction d’un
barrage-réservoir à Charlas (Haute-Garonne)
», dont le maître d’ouvrage est le Syndicat
Mixte d’Etudes et d’Aménagement de la Garonne
(SMEAG). Elle a nommé M. Arnaud Mandement, Président
de la commission particulière (CPDP) chargée
d’organiser et de conduire le débat. La CPDP,
officiellement constituée le 6 décembre 2002,
se composait
de 7 membres .
Le projet de création d’un réservoir
sur le site de Charlas est une réponse au déficit
structurel de la ressource en eau dans le bassin de la Garonne.
Le projet s’intègre dans un ensemble d’actions
(économies d’eau, optimisation des ressources
existantes), qui visent à concilier les usages économiques
et sociaux de l’eau et la préservation des milieux
aquatiques. Pour atteindre ces objectifs, les pouvoirs publics
et le Comité de bassin ont mis en place divers instruments
de gestion de l’eau (Programme de Développement
des Ressources en Eau, Schéma Directeur d’Aménagement
et de Gestion des Eaux, Plans de Gestion d’Etiage).
Le projet Charlas est, comme l’ensemble des mesures
dans lequel il s’intègre, un moyen d’assurer
un développement durable du bassin et, plus globalement,
du Sud-Ouest.
La création du réservoir de Charlas est envisagée
dans le département de la Haute-Garonne (31), sur
un territoire d’environ 600 hectares touchant à
cinq communes : Cardeilhac, Charlas, Saint-Lary-Boujean,
Saman et Sarremezan.
Cette localisation permet de répondre à trois
fonctions :
- le soutien d’étiage de l’ensemble du
linéaire de la Garonne, depuis son cours supérieur
en Pyrénées, jusqu’à l’estuaire,
- le soutien d’étiage des affluents (dont la
Neste en Hautes-Pyrénées et de neuf rivières
de Gascogne),
- le soutien conjugué des économies régionales
du Val de Garonne et de la Gascogne.
Qu’est-ce
qu’un débat public ?
La loi du 2 février 1995, dite loi Barnier, relative
au renforcement de la protection de l'environnement, et le
décret 96-388 du 10 mai 1996, pris pour application
de l'article 2 de cette loi, ont permis, depuis 1997, l'organisation
de débats publics sur les objectifs et les
caractéristiques principales des grandes opérations
d'équipement d'intérêt national pendant
la phase de leur élaboration.
La loi n° 2002-276 du 27 février 2002, relative
à la démocratie de proximité et le décret
n°2002-1275 du 22 octobre 2002 relatif à l'organisation
du débat public et à la Commission nationale
du débat public ont modifié le champ
d'application et l'organisation du débat public.
La participation du public au processus d'élaboration
des projets d'aménagement
La loi du 27 février 2002 a transformé la Commission
Nationale du Débat Public (CNDP), créée
en 1995 par la loi Barnier, en autorité administrative
indépendante et en élargit le champ
de compétence. Par décret du Président
de la République, Yves
Mansillon est, depuis le 5 septembre 2002 Président
de la CNDP.
La CNDP a pour mission de "veiller au respect
de la participation du public au processus d'élaboration
des projets d'aménagement ou d'équipement
d'intérêt national de l'État,
des collectivités territoriales, des établissements
publics et des personnes privées, relevant de catégories
d'opérations dont la liste est fixée par décret
en Conseil d'Etat, dès lors qu'ils présentent
de forts enjeux socio-économiques ou ont des
impacts significatifs sur l'environnement ou l'aménagement
du territoire ".
La participation du public peut prendre la forme d'un débat
public ; celui-ci
porte sur l'opportunité, les objectifs et les caractéristiques
principales du projet . La Commission nationale du
débat public, précise la loi, ne se prononce
pas sur le fond des projets qui lui sont soumis."
La participation du public doit être assurée
pendant toute la phase d'élaboration d'un projet, depuis
l'engagement des études préliminaires jusqu'à
la clôture de l'enquête publique.
La CNDP veille au respect de bonnes conditions d'information
du public durant la phase de réalisation des projets
dont elle a été saisie jusqu'à la réception
des équipements et travaux. La CNDP a également
pour mission d'émettre tous avis et recommandations,
à caractère général ou méthodologique,
de nature à favoriser et développer la concertation
avec le public
Comment a été organisé le débat
public ?
Le SMEAG, maître d’ouvrage, a comme le demande
la loi, adressé à la CNDP "un
dossier présentant les objectifs et les principales
caractéristiques du projet (téléchargeable
sur le site), ainsi que les enjeux socio-économiques,
le coût estimatif et l'identification des impacts significatifs
du projet sur l'environnement ou l'aménagement du territoire".
La Commission nationale du débat public a établi
et publié le calendrier de déroulement du débat
public, qui s'est déroulé au 2ème semestre
2003 (dix réunions publiques). Sa durée
ne pouvait excéder quatre mois mais elle pouvait
être prolongée de deux mois par la Commission
nationale du débat public, et en particulier dans le
cas où cette dernière, sur la proposition du
président de la CPDP, déciderait la réalisation
d’une expertise complémentaire.
Quelles sont les suites du débat public ?
Dans un délai de deux mois à compter
de la date de clôture du débat public,
le président de la Commission nationale du débat
public a publié un compte-rendu du débat
et en a dressé le bilan. Les deux documents
sont publiés et ils sont ultérieurement versés
au dossier préalable à l’enquête
publique si le maître d’ouvrage décide
de donner suite à son projet. Il précise, le
cas échéant, les principales modifications apportées
au projet soumis au débat public. Cet acte est transmis
à la CNDP.
"L'acte, précise la loi, par lequel
le maître d'ouvrage ou la personne publique responsable
du projet décide, après la publication du bilan
du débat public, du principe et des conditions de la
poursuite du projet fait l'objet d'une publication. La décision
prise par l'État ou la délibération d'un
établissement public national est publiée au
Journal officiel de la République française."
Le SMEAG a délibéré le 23 juin 2004.
<<
note 1 : Se compose de 7 membres
Président : Arnaud
Mandement, ancien membre de la CNDP, ancien maire de Castres
(81).
Membres : Michel
Angot, Maire de Puydarrieux (65), océanographe-biologiste,
Jean-Stéphane Devisse, chargé de mission au
WWF, membre de la CNDP, Jean-Claude Flamant, ingénieur
agronome, directeur de recherche à l’INRA chargé
de la mission d’animation des agrobiosciences, François
Gazelle, hydrologue, chargé de recherche au CNRS, Roger
Peiffer, général (CR) de l’armée
de l’air, commissaire enquêteur, Jean-Claude Sabin,
agriculteur, ancien responsable national et régional
d’organisations syndicales
<<
note 2 : sur un territoire d’environ 600 hectares
touchant à cinq communes
Le choix du site de Charlas a fait
l’objet d’un rapport établi à la
demande du préfet coordonnateur de bassin Adour-Garonne
et daté du 16 novembre 1990. Cf. le chapitre II «
Les solutions étudiées et leurs incidences ».
<<
note 3 : Qu’est-ce qu’un débat public
?
Plusieurs débats publics
ont déjà été organisés
depuis 1997 : l’extension du port du Havre ; la ligne
électrique à très haute tension entre
Boutre et Carros; l’autoroute A32 (Metz-Nancy) ; la
branche Sud du TGV Rhin-Rhône ; les contournements autoroutier
et ferroviaire de l’agglomération lyonnaise ;
le projet d’extension du port de Nice, la ligne électrique
à très haute tension entre Lyon et Chambéry,
l’aéroport Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique),.
le renforcement des échanges électriques entre
la France et l’Espagne.(Aude et Pyrénées-Orientales).
Une mission exceptionnelle de concertation a également
été confiée en 2001 au président
de la Commission nationale, qui était alors Pierre
Zémor, sur le projet de 3e aéroport de la région
parisienne.
<<note
4 : Yves Mansillon est, depuis le 5 septembre 2002 Président
de la CNDP. Georges Mercadal et Philippe Marzolf en sont les
vice-présidents
La Commission nationale du débat
public est composée de vingt et un membres nommés
par décret pour cinq ans ou pour la durée de
leur mandat. Outre son président et deux vice-présidents,
elle comprend : un député et un sénateur,
six élus locaux, un membre du Conseil d'État,
un membre de la Cour de cassation, un membre de la Cour des
comptes, un membre du corps des membres des tribunaux administratifs
et des cours administratives d'appel, deux représentants
d'associations de protection de l'environnement agréées
exerçant leur activité sur l'ensemble du territoire
national, deux représentants des consommateurs et des
usagers, deux personnalités qualifiées, dont
l'une a exercé des fonctions de commissaire enquêteur.
La loi précise que "les membres de la Commission
nationale et des commissions particulières intéressés
à une opération à titre personnel ou
en raison de leurs fonctions ne peuvent participer à
un débat ou à une procédure de concertation
se rapportant à cette opération".
<<
note 5 : celui-ci porte sur l'opportunité, les
objectifs et les caractéristiques principales du projet
Les dépenses relatives à
l'organisation matérielle d'un débat public
sont à la charge du maître d'ouvrage ou de la
personne publique responsable du projet.
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