Qu’ils quittent leur berceau natal en quête de zones d’engraissement, qu’ils partent à la recherche de milieux plus favorables, qu’ils espèrent optimiser les conditions de leur reproduction ou qu’ils aspirent à coloniser de nouvelles aires, les poissons migrateurs forment dans la faune aquatique une famille un peu à part. Saumons, aloses, anguilles, lamproies ou esturgeons vont et viennent autant que possible entre océan et rivière, ainsi que le leur impose leur cycle biologique.
Rien n’a perturbé spécialement cette habitude originelle jusqu’au milieu du XVIIIe siècle. Mais petit à petit, les incidences de certaines activités humaines ont commencé de porter tort à ces populations fragiles. Les prélèvements intensifs de granulats, la pollution de l’eau et surtout les barrages ont bouleversé les écosystèmes, rendant souvent inaccessibles les zones de frai quand ils ne les détruisaient pas simplement. Le constat du danger a été relativement rapide puisqu’en 1865, déjà, une loi obligeait à installer des échelles à poissons sur certains cours d’eau pour lutter contre la disparition des espèces et garantir l’alimentation des populations rurales. Mais il a fallu attendre les années 1970-80 pour que les pouvoirs publics étendent le plan de sauvetage du saumon à l’ensemble des espèces migratrices, imposent des dispositifs de franchissement de barrages, prévoient des alevinages, limitent la pêche et redonnent un avenir à des espèces emblématiques en pays de Garonne.
Les poissons migrateurs représentent dans le Sud Ouest de la France des enjeux patrimoniaux, économiques et sociaux de premier rang. Leur préservation s’appuie sur des plans de gestion par bassin versant. Les mesures concernent l’évaluation des populations, la restauration des stocks, la gestion durable de la pêche, la réduction des impacts sur les milieux.
Des réseaux de suivi des populations sont mis en œuvre. Ils rendent compte de l’état et de l’évolution des stocks (comptages au niveau des passes à poissons, statistiques de pêche, pêche d’inventaire, etc.).
Des mesures de gestion sont proposées visant :
- à conserver ou améliorer les conditions de reproduction, de développement, de circulation,
- à restaurer les stocks lorsque cela est nécessaire (saumon, esturgeon), par des opérations de production et de déversements d’alevins,
- à concilier le maintien des populations sur le long terme et les exigences des activités halieutiques.
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